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GuysRoadTrip
Rue romaine animée en soirée, terrasses pleines et façades ocre, dans le secteur du Colisée où se trouve la Gay Street.
Italie

Quartier gay de Rome : la Gay Street et les autres

La Gay Street derrière le Colisée n'est qu'une rue. Voici les vrais pôles queer de Rome — Monti, Trastevere, Pigneto, Testaccio — avec les adresses vérifiées ouvertes.

8 min de lecture

Chercher « le » quartier gay de Rome, c'est chercher quelque chose qui n'existe pas tout à fait : la capitale italienne a une rue officielle, la Gay Street, et cinq ou six pôles éparpillés qui, mis bout à bout, forment la vraie scène. Voici où ils se trouvent, ce qui y a ouvert récemment, et ce que les guides continuent de recopier alors que les portes sont closes.

Un quartier ? Plutôt une rue et cinq pôles

Si vous arrivez à Rome en espérant l'équivalent de Chueca à Madrid — quelques rues contiguës, des drapeaux à chaque balcon, tout à pied — vous serez surpris. Le cœur officiel de la Rome gay tient dans une seule rue, la Via di San Giovanni in Laterano, baptisée « Gay Street » en 2007. Tout le reste s'est installé ailleurs : à Monti et sur l'Esquilin, à Trastevere, au Pigneto, à Testaccio, et le long de la ceinture est de la ville. C'est moins pratique, mais nettement plus intéressant : chaque pôle a son public et son heure.

La Gay Street, derrière le Colisée

La rue part du Colisée (métro Colosseo) et monte vers la basilique Saint-Jean-de-Latran. Deux adresses la tiennent depuis toujours.

Coming Out, au numéro 8, est le bar qui a fait naître la Gay Street : ouvert depuis 2001, c'est un bistrot, un café et un bar à cocktails à la fois, avec la foule qui déborde sur la chaussée dès la fin d'après-midi. Les horaires méritent un mot : les fiches à jour donnent une ouverture continue de 7 h à 2 h, sept jours sur sept, mais d'autres sources font état d'une fermeture bien plus tardive. Vérifiez sur place si vous comptez y finir la nuit.

My Bar, au numéro 12, est son voisin immédiat. Ouverture dès 7 h 30 du matin — c'est aussi un café de quartier —, terrasse sur la rue, petite piste de danse avec DJ résident en soirée. La foule y est mixte en journée et se colore à mesure que le soleil descend.

Un conseil : la Gay Street est courte, très touristique et saturée aux beaux jours. Elle se prend comme un point de départ, rarement comme une soirée entière. Pour le reste des quartiers romains, notre guide gay de Rome quartier par quartier complète utilement ce qui suit.

La Gay Street est à deux pas du Colisée : beaucoup de visiteurs enchaînent une visite guidée de l'amphithéâtre ou du Forum en fin d'après-midi avant l'apéritif au bout de la rue. Voir les activités à Rome.

Monti et l'Esquilin : la relève, à dix minutes à pied

En remontant vers Termini, on entre dans la partie la plus vivante de la scène actuelle.

101 Roma Club, Via Panisperna 101, dans le rione Monti, est aujourd'hui le seul véritable club queer ouvert presque tous les soirs en centre-ville — les autres « clubs » de Rome sont en réalité des soirées itinérantes. Drag le jeudi, pop internationale, public jeune, mixte, explicitement trans-friendly, avec une réputation de safe space qui n'est pas usurpée.

Censured Club, Via dei Quattro Cantoni 5, à dix minutes du Colisée, est le club de cruising le plus central de la ville : deux niveaux, bar, salon en sous-sol, dark room, red play room et fumoir, ouvert tous les soirs à partir de 22 h et dès 16 h le dimanche.

Company Roma, Piazza Manfredo Fanti 40, près de Termini, tient le versant bear et cruising depuis 2014. Attention, il est fermé du lundi au mercredi, et la carte demandée à l'entrée est la carte ARCO. Happy hour de 21 h à 22 h.

Enfin Apollion Sauna, Via Mecenate 59/A, entre le Colisée, Piazza Vittorio et Termini, est la plus ancienne sauna gay de Rome : ouverte depuis 1994, carte d'adhésion exigée à l'entrée.

Ruelle pavée de Rome en lumière chaude, bars et petites devantures au pied d'immeubles anciens, typique du rione Monti.

Trastevere : la rive droite pour l'apéritif

De l'autre côté du Tibre, l'ambiance change : pas de rue gay, mais un triangle de bars où l'on est bien reçu.

Garbo Bar, Vicolo di Santa Margherita 1, est un petit bar historique à lustres, ouvert tard, qui se revendique « pour gays, hétéros et tout le monde ». Freni e Frizioni, Via del Politeama 4/6, est un bar à cocktails installé dans un ancien garage — d'où son nom, « freins et embrayages » — célèbre pour son buffet d'aperitivo et sa terrasse sur la placette, bondée en début de soirée. Beige, à quelques minutes de là, complète le triangle : bar design, house et chill-out, buffet méditerranéen tôt le soir, fermé le dimanche et le lundi selon les dernières fiches.

Clients attablés en terrasse d'un bar à cocktails de Trastevere pendant l'heure de l'aperitivo.

Le Pigneto, le quartier queer que les guides oublient

À l'est, le Pigneto est l'exact contraire de la Gay Street : peu de touristes, beaucoup de Romaines et de Romains.

Malo Glitter Bar, Via Fanfulla da Lodi 3A, ouvert fin 2023, est la maison queer du quartier : 250 m² de drag shows, karaoké, stand-up, quiz, rencontres et expositions, du mercredi au dimanche de 18 h à 2 h. Libreria Tuba, Via del Pigneto 39/a, tenue depuis 2007 par des féministes et des lesbiennes, ne vend que des livres écrits par des femmes et des personnes trans et non binaires ; son bar et son bazar servent du matin à 23 h, et c'est sans doute le meilleur endroit de Rome pour un café ou un spritz de jour dans un lieu queer. Cargo, également au Pigneto, se prête au travail l'après-midi puis à l'apéritif. Le vendredi, la soirée Latte Fresco au Largo Venue (Via Biordo Michelotti 2) propose drag show, stand-up, karaoké, jeux et DJ set, avec une charte affichée contre le racisme, la transphobie et le misgendering.

Testaccio et l'est : là où l'on danse

L'Alibi, Via di Monte Testaccio 40-44, est le plus ancien club queer de la capitale, ouvert vers 1985 : deux étages, un rooftop-jardin et des soirées différentes du jeudi au samedi. Muccassassina, souvent présentée à tort comme un club, est en réalité la soirée hebdomadaire du vendredi organisée par le Circolo Mario Mieli ; elle se tient au Qube Disco, Via di Portonaccio 212 — trois étages, cinq bars, à l'est de la ville, hors des circuits de métro nocturnes, prévoyez le retour. La Poppe Party, bimensuelle, se tient au Monk Roma, Via Giuseppe Mirri 35, dans un format plus jeune et plus « quartier ».

Côté cruising, Skyline Club, Via Pontremoli 36, à deux pas du métro San Giovanni, offre un grand espace décontracté avec labyrinthe, cabines, dark rooms et vidéo-bar, et des soirées à thème. K Men Club, dans le Prenestino-Labicano, tient le versant leather et fetish depuis 1997, avec sauna, hammam, jacuzzi et un thème par soir ; fermé le lundi. Il Diavolo Dentro, Largo Itri 23/24, est le plus discret des trois, avec ses soirées naturistes et ses vendredis « cruise and play ». Dans tous ces lieux, la carte associative est obligatoire : elle se prend à l'entrée.

Deux mots sur les saunas, enfin. Rome n'en compte pas deux mais trois : Adam Sauna Roma, la plus grande (piscine, sauna finlandais, hammam, labyrinthe, cabines, massages), Apollion déjà citée, et Terme di Roma Internazionale, Via Persio 4 dans la zone Tuscolana, réservée aux hommes le lundi et le mardi et ouverte aux personnes trans, aux crossdressers et aux couples le reste de la semaine — la seule réellement trans-friendly de la ville. L'Europa Multiclub, encore présent dans beaucoup de listes en ligne, est fermé.

Ce que les vieux guides racontent encore

Le Vicious Club, qui accueillait le fameux Bear Monday, a fermé ; la soirée a migré ailleurs, sans qu'aucune date récente ne permette de dire où. Le Gay Village, cité partout à l'adresse « Via delle Tre Fontane » dans le quartier de l'EUR, a quitté l'EUR dès 2018, et aucune édition récente n'est documentée. Même incertitude pour Planet Roma, la soirée I Am et le Frutta e Verdura : rien ne prouve leur fermeture, rien ne prouve non plus qu'ils tournent encore. Ne construisez pas une soirée dessus sans avoir vérifié leurs réseaux le jour même.

Quand venir

Le Roma Pride est organisé par le Circolo di Cultura Omosessuale Mario Mieli ; la 32e édition s'est tenue le samedi 20 juin 2026, cortège parti de Piazza della Repubblica vers 15 h pour rejoindre les Terme di Caracalla. C'est là aussi que se tient désormais le village du Pride : Pride Croisette et le festival de cinéma en plein air Queer Pictures, du 1er au 17 juin en 2026, projections quotidiennes à 21 h, entrée libre. En septembre, le FLAG Queer Culture Festival occupe Piazza Vittorio, à l'Esquilin, avec concerts, débats et marché queer. En décembre, le Fetish Pride Italy, lancé en 2025 par le Leather Club Roma, ajoute un rendez-vous à un calendrier qui, jusqu'ici, s'arrêtait à l'été.

Si la chaleur vous chasse de la ville, la plage Il Buco, dans la réserve naturelle de Capocotta au sud de Rome, reste le rendez-vous balnéaire de la communauté. On la trouve aussi sous les noms « Settimo Cielo » et « spiaggia d'Ayala » sur les cartes ; comptez une trentaine de kilomètres depuis le centre, et sachez que c'est une plage libre, sans services.

Deux hommes marchant côte à côte et souriants dans une rue ensoleillée, en promenade de fin d'après-midi.

Et ailleurs ?

Rome ne joue pas dans la même catégorie que les capitales à quartier gay compact. Si c'est cela que vous cherchez, voyez plutôt Chueca et les quartiers LGBTQ+ de Madrid, le Bairro Alto et Príncipe Real à Lisbonne ou, plus loin, Silom à Bangkok. Et pour prolonger le voyage italien, notre sélection des dix destinations gay-friendly d'Italie déborde largement de la capitale.

Questions fréquentes

Quel est le quartier LGBT de Rome ?

Officiellement, la Via di San Giovanni in Laterano, derrière le Colisée, nommée « Gay Street » en 2007, avec Coming Out et My Bar. Mais la scène réelle se répartit entre Monti et l'Esquilin, Trastevere, le Pigneto, Testaccio et la ceinture est de la ville.

Faut-il une carte de membre pour entrer dans les clubs gays de Rome ?

Pour les clubs de cruising et les saunas, oui : une carte associative est exigée à l'entrée, où on peut se la procurer. Le Company Roma demande la carte ARCO ; d'autres établissements passent par d'autres associations. Les bars de la Gay Street, eux, sont en accès libre.

Où sortir à Rome en semaine ?

Le 101 Roma Club, Via Panisperna, est ouvert presque tous les soirs et propose du drag le jeudi. Le Censured Club ouvre chaque soir dès 22 h, et le Malo Glitter Bar au Pigneto du mercredi au dimanche. Le Company Roma, lui, est fermé du lundi au mercredi.

Comment s'appelle le quartier gay à Madrid ?

Chueca, avec Malasaña et Lavapiés autour. C'est le modèle du quartier gay compact que Rome n'a pas ; notre guide de Madrid en détaille les bars et les clubs.

Quel est le quartier gay de Bangkok ?

Silom, où se concentrent bars, clubs et saunas. Notre guide de Bangkok y consacre une large partie.